dimanche, mars 02, 2008

 

Le poids des entreprises étrangères à la bourse : handicap ou avantage ?


L'essor de l'economie marocaine, son ouverture ainsi que sa position de carrefour entre l'europe et l'afrique a très tôt attiré les grandes entreprises étrangères, notamment françaises et espagnoles, c'est donc tout naturellement que nous les retrouvons au capital des principales sociétés marocaines cotées en bourse.
Ce poids capitalistique représente t'il un avantage ou bien un inconvénient pour la bourse de Casablanca ?

La question mérite d'être posée au vu du récent développement de la place marocaine et de l'attrait que celle ci exerce sur l'étranger au vu des performances exceptionelles réalisées principalement ces 2 dernières.
Un évènement majeur cette semaine peut apporter un début de réponse à cette question épineuse, l'annonce des résultats de la plus grande société marocaine IAM.
En effet, la société Maroc Télécom a affiché une prouesse en atteignant un résultat net en hausse de 19.2% à près de 8 milliards de dhs, que son actionnaire majoritaire Vivendi avec ses 51% du capital du fleuron marocain a décidé de distribuer intégralement.
Cette décision peut paraitre suprenante, IAM n'a t'il plus aucune ambition de développement au Maroc, en Europe ou bien en Afrique ?
Avec une telle somme n'aurait il pas été judicieux d'en utiliser une partie pour chercher des relais de croissance en Afrique de l'ouest à l'heure ou la concurrence s'intensifie sur le marché domestique avec l'arrivé d'un troisième opérateur WANA qui dispose des moyens de son ambitieux avec pour actionnaire principal ONA ?
En réalité cette générosité à d'IAM à l'égard de ses actionnaires s'explique essentiellement par les besoins colossaux de Vivendi qui est engagé dans des opérations de croissance externe en Europe avec le rachat de Neuf et à l'international avec le rachat de Activision par sa filiale Vivendi Games nécessitant d'importante sommes de cash.

Maroc Télécom n'est pas un cas isolé, on retrouve de nombreuses sociétés marocaines cotées à la bourse de casablanca disposant d'un actionnaire étranger majoritaire dont le principal objectif est de remonter du cash vers la maison mère qui elle se chargera du développement international du groupe.
On peut citer les cimentiers avec LAFARGE MAROC, HOLCIM et autres CIMENT MAROC mais également les bancaires avec BMCI et Credit du Maroc pour qui tout développement à l'etranger via des augmentations de capital sur la place marocaine est exclus.

A l'inverse nous pouvons prendre quelques grandes sociétés marocaines qui elles ont tenté le pari de se lancer à l'international en se financant sur le marché de Casablanca, avec par exemple BMCE ou Attijariwafa Bank qui ont financé une partie de leurs expansion en Afrique et en Europe via des lignes obligataires ou plus récemment Addoha qui a levé plus de 2.7 milliards de dhs sur la place via une augmentation de capital pour financer son acquisition de 50% de FADESA MAROC.

Donc même s'il ne faut pas réduire les participations des sociétés étrangères à de simple placement juteux, car elles apportent également leurs méthode de management, une certaine rigueur et leurs expériences, il ne faudrait pas qu'elles brident l'expansion de la bourse de Casablanca qui regorge de liquidité et qui ne demande qu'à servir de levier de financement des entreprises marocaines pour peu que la solicite pour des projets bien ficelés.


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